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Universités françaises - Internet bientôt autorisé lors des examens ?


Rédigé le Samedi 12 Septembre 2015 à 11:37
Andrée Navarro


Le comité pour la Stratégie nationale de l'enseignement supérieur (StraNES) vient de présenter ses conclusions au gouvernement. Le rapport constate un « nouveau rapport au savoir né avec Internet », et avance plusieurs pistes afin d' « inventer l’éducation supérieure du XXIe siècle ».


Universitaires, représentants des collectivités locales et acteurs du monde socio-économique se sont intéressés à la question des nouvelles technologies.
Il aura fallu plus d’un an de travaux au comité pour la Stratégie nationale de l'enseignement supérieur (StraNES) pour accoucher d'un rapport de 250 pages.

La première proposition du rapport est de prévoir un « usage systématique du numérique » dans la formation et l’évaluation des élèves. « L’environnement numérique de travail doit désormais être la règle, ce qui exige un accès des étudiants à un ordinateur, la mise en place des infrastructures nécessaires mais surtout un usage systématique par les enseignants et enseignants chercheurs qui auront été formés et impliqués ». Les établissements de l’enseignement supérieur devront s'assurer que chaque étudiant dispose d’un ordinateur pour, « dans le cas contraire, mettre en place un système de prêt ».

Pour le comité « cela fait maintenant plusieurs décennies qu’on autorise les calculatrices dans les examens ; l’étape suivante est d’autoriser – comme au Danemark par exemple – les ordinateurs avec accès total à Internet. Cette étape est inéluctable, anticipons-la afin de permettre le déploiement d’une formation adaptée au monde qui nous entoure » . Selon les rapporteurs « si toute l’information devient accessible en situation d’examen, les épreuves devront évoluer en conséquence ». Les professeurs devront donc apprendre aux étudiants à trouver l’information pertinente, à la comprendre pour la réinvestir dans une production personnelle ou collective . Le comité StraNES recommande d'autre part l’instauration d’une licence « d’humanités numériques », sans détailler le contenu de cette formation.
Vers des campus modèles ?

Pour le comité StraNES il faut construire des campus intelligents et numériques, adaptés aux pédagogies par projet et par le numérique, avec des espaces de co-working et des classes connectées. Côté contenus pédagogiques, le comité invite les pouvoirs publics à prendre en considération les opportunités offertes par les nouvelles technologies. « Face aux investissements massifs réalisés actuellement dans le domaine de l’e-éducation, la France doit prendre des directives très claires pour protéger les créations de notre enseignement supérieur d’une possible privatisation », mettent ainsi en garde les rapporteurs.

Enfin, le comité StraNES préconise une démarche « Open Source » pour tous les outils développés par les agents de l’enseignement supérieur public. Les contenus construits dans le cadre de l’enseignement supérieur doivent être placés sous licence « Creative Commons », afin d’éviter qu’une entreprise ne les capte pour mieux les diffuser... « ceci n’excluant en rien le soutien à une industrie créative, tant que celle-ci respecte les droits de la communauté de l’enseignement supérieur et l’intérêt général ».

Ce rapport pourrait être débattu dès cet automne devant le Parlement.



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