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Teindre des tissus au CO2


Rédigé le Jeudi 21 Février 2013 à 18:08
Andrée Navarro


On sait que l’industrie textile consomme beaucoup d’eau. En effet, pour teindre un kilo de textile, il faut compter en moyenne 100 à 150 litres d’eau. Une entreprise néerlandaise est parvenue à colorer des textiles sans utiliser d’eau.


DyeCoo
DyeCoo
On teint 30 milliards de kilos de textile par an à travers le monde et la quantité d’eau nécessaire avoisine les 4 000 milliards de litres, c'est-à-dire de quoi remplir 1,6 million de piscines olympiques. De plus, on ajoute à l’eau des produits chimiques et selon la Banque mondiale, l’industrie textile est responsable de 17 à 20 % de la pollution de l’eau à l’échelle mondiale.

Pour la première fois, la société néerlandaise DyeCoo, a mis au point un procédé qui permet de teindre à grande échelle du textile à l’aide de CO2. De 450 à 600 kilos de tissu sortent colorés de bacs en acier inoxydable de dix mètres sur douze. Seul le polyester est traité pour l'instant, mais l’entreprise compte bien appliquer cette technique à d’autres tissus, comme le coton par exemple. 

Comment ça marche ? Pour se passer d’eau on transforme du CO2, ou dioxyde de carbone. Ce gaz invisible flotte dans l’atmosphère mais sous haute pression, il se liquéfie. Selon Reinier Mommaal, directeur et cofondateur de DyeCoo « Tout se passe dans des réservoirs sous pression » (…) « Le CO2 sous forme gazeuse est injecté dans les réservoirs où le textile est enfermé. »  

A l’intérieur, la pression monte jusqu’à 250 bars, contre 1 bar à l’extérieur. Le CO2 devient liquide et le colorant se dissout. A l’intérieur du réservoir, un moteur pompe ce liquide pour le faire circuler et le polyester absorbe la couleur. Au bout d’une heure ou deux, la pression peut être ramenée à la normale et le tissu sort de la machine, teint et archi-sec. Le CO2 qui a servi à l’opération est récupéré à 95 % pour être réutilisé. 

Les machines de DyeCoo, respectueuses de l’environnement, font également baisser les coûts de production de 30 à 50 % grâce aux économies d’énergie et de colorant. A noter que ce procédé est deux fois plus rapide que l'ancien.