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Présidentielle au Brésil - le favori Jair Bolsonaro accusé de diffuser des fake news


Rédigé le Vendredi 19 Octobre 2018 à 19:08
Andrée Navarro



La campagne présidentielle au Brésil risque de se retrouver au cœur d'une polémique sur une éventuelle manipulation de l'électorat via les réseaux sociaux, exactement comme en 2016 lors de la présidentielle aux États-Unis ou même le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni. En effet,à quelques jours du second tour de l'élection présidentielle qui doit avoir lieu le 28 octobre, le candidat de gauche Fernando Haddad accuse son rival Jair Bolsonaro, grand favori du second tour, d'avoir mis en place une «organisation criminelle» grâce à de « l'argent sale ». Cet argent aurait servi à diffuser de faux messages via la messagerie instantanée WhatsApp. Rappelons que Jair Bolsorano a largement remporté le premier tour avec 46 % des voix, contre 29 % à Haddad

Fernando Haddad, candidat du PT, le Parti des travailleurs, a lancé son attaque après les révélations du quotidien Folha de S. Paulo selon lesquelles des entreprises auraient financé des envois en masse de messages anti-PT sur WhatsApp avant le premier tour du 7 octobre. Toujours selon ce journal, une nouvelle offensive serait prévue pour la semaine prochaine, avant le second tour. Des compagnies auraient acheté des « contrats » pour diffuser des centaines de milliers de messages de propagande de Bolsonaro, à un prix pouvant atteindre 12 millions de réais soit 2,8 millions d'euros, par contrat. Pour info, la loi électorale proscrit au Brésil le financement des campagnes par les entreprises. L'entourage de Bolsonaro a démenti ces infomations. « Le PT ne souffre pas des fausses informations, mais de la VÉRITÉ. »

Les messages auraient été envoyés grâce aux bases de données personnelles d'utilisateurs fournies par l'équipe de Bolsonaro ou achetées à des agences de stratégie numérique. WhatsApp, (qui appartient à Facebook), compte au moins 120 millions d'utilisateurs au Brésil.







Bolsonaro dispose d'une considérable force de frappe sur les réseaux sociaux où il mène l'essentiel de sa campagne, avec 14 millions d'abonnés sur Facebook, Instagram et Twitter. Haddad n'en a que 2,8 millions. Le directeur de Datafolha, Mauro Paulino, a affirmé sur Twitter que l'institut de sondages avait « vu des mouvements de dernière minute dans les tendances » avant le premier tour.

Lire aussi Brésil : face à Bolsonaro, l'ultra-favori, les bien maigres espoirs de Haddad

Jair Bolsonaro a largement remporté le premier tour avec 46 % des voix, contre 29 % à Haddad. Pour le second, les sondages lui prédisent une très confortable victoire. La direction de son parti a redit, jeudi, le refus de Bolsonaro de participer au moindre débat télévisé avant le second tour, invoquant « l'état de santé » du candidat, toujours en convalescence après l'attaque au couteau dont il a été victime début septembre en plein meeting.