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Paris - l’appel de Christchurch pour éliminer les contenus terroristes en ligne


Rédigé le Jeudi 16 Mai 2019 à 09:29
Andrée Navarro


Répondant à l'invitation des gouvernements français et néo-zélandais,trois présidents, cinq premiers ministres, un roi , un vice-président et huit représentants de l’industrie des nouvelles technologies se sont réunis le 15 mai à Paris pour signer «l’appel de Christchurch» qui définit des grands engagements contre la publication et la propagation des «contenus terroristes et de violence extrémiste» en ligne.


Une quinzaine de gouvernements, dont la France, et les géants du net ont donc signé hier un engagement commun pour limiter la propagation de contenus violents en ligne. A noter qu les États-Unis ont pour leur part annoncé qu’ils ne signeraient pas «l’appel de Christchurch». Ce texte a été initié par la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern après l’attentat de Christchurch au cours duquel un terroriste d’extrême droite a tué 51 personnes dans deux mosquées, filmant et diffusant en direct son massacre sur Facebook.

Ce texte contient un ensemble d’engagements pris par les gouvernements et les entreprises soutenant l’appel afin d’entamer un travail de collaboration et de réflexion à propos des contenus terroristes en ligne. Les gouvernements et les soutiens du texte s’engagent à «lutter contre les causes du terrorisme et de la violence extrémiste», «appliquer les lois» déjà existantes dans leur pays pour punir la diffusion de contenus problématiques, à «garantir que les médias traitent de manière éthique» les attentats, à collaborer avec les plateformes en ligne afin de réfléchir aux meilleurs outils pour mener cette lutte contre l’extrémisme.

Une vingtaine de pays ont officiellement signé ce texte, dont la France, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni, le Sénégal, l’Indonésie, l’Inde, le Japon et la Jordanie. C’est aussi le cas de la Commission européenne. La Maison-Blanche qui n'a pas signé cet accord a annoncé "continuer à soutenir les objectifs généraux représentés".

Les entreprises signataires s’engagent à «prendre des mesures transparentes» concernant la conception et l’application de leurs règles sur la modération des contenus terroristes. Elles s'engagent également à une «analyse des algorithmes et des autres processus automatiques qui peuvent amplifier la propagande terroriste et pousser les internautes à consulter ce genre de contenus». Parmi les soutiens, on compte Twitter , Facebook, Microsoft, Google et sa plateforme de vidéos YouTube, Amazon, ainsi que Dailymotion et Qwant.

Amazon, Google, Microsoft, Facebook et Twitter ont pour leur part pris neuf engagements portant sur la mise en place d’un système de modération des contenus spécifique à la vidéo en direct, ou le développement d’une base de données commune à tous les acteurs du Web, y compris les plus modestes, pour repérer plus facilement la propagande violente. Elles souhaitent par ailleurs mettre en place un «protocole de crise», qui serait activé en cas d’évènements graves nécessitant une réaction rapide.