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Libération de la blogueuse cubaine Yoani Sanchez


Rédigé le Dimanche 7 Octobre 2012 à 02:45
Andrée Navarro


Figure emblématique de la dissidence sur internet, Yoani Sanchez, également correspondante du quotidien espagnol El Pais, s'était rendue à Bayamo pour couvrir le procès d'Angel Carromero, dirigeant du mouvement de jeunesse du Parti populaire au pouvoir en Espagne, accusé d'homicide involontaire.


Generacion Y
Generacion Y
La blogueuse Yoani Sanchez a été interpellée à Bayamo puis transférée avec son mari vers La Havane. Relâchée après 30 heures de rétention, elle a témoigné samedi dans le journal espagnol El Pais dont elle est la correspondante.


Yoani Sanchez raconte dans un entretien à El Pais comment cette arrestation lui a permis de vivre de l'intérieur «la pression exercée sur un détenu» par les autorités cubaines. Après son arrestation analogue à celle habituellement réservée à «une bande de trafiquants de drogue ou un tueur en série», elle a été placée dans une pièce par trois femmes en uniforme qui ont tenté de la déshabiller. «J'ai résisté et j'en ai payé le prix», écrit-elle, évoquant un moment de «tension maximum» sans donner plus de détails. Elle raconte ensuite comment un policier a tenté de «dialoguer» pour lui soutirer un témoignage afin de l'utiliser contre elle. «Mais le piège est si connu, tellement fréquent, que je ne suis pas tombée dedans». Elle résiste et se protège en répétant sans arrêt : «J'exige que vous m'accordiez un appel téléphonique, c'est mon droit».


La police accepte qu’elle passe un appel à son père. Puis commence la deuxième phase. «Je l'ai appelée hibernation». «J'ai refusé de manger, de boire. J'ai refusé l'examen médical de plusieurs médecins». Elle est filmée la plupart du temps et soumise à une pression morale permanente. «Une épreuve qui ne s'accompagne ni de torture ni de coups, mais de la conviction que l'on ne peut se fier à personne entre ces murs».


Yoani Sanchez affirme que ce qui lui est arrivé n'est «qu'un faux pas : le grand drame reste la mort de deux hommes et la détention d'un autre».