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Chine - une loi pour mieux surveiller internet


Rédigé le Mardi 8 Novembre 2016 à 02:32
Andrée Navarro


Afin de "protéger la sécurité nationale" le parlement chinois a adopté hier une loi sur la cybersécurité permettant encore plus de contrôle de la liberté d'expression sur internet et imposant aux entreprises, y compris étrangères, de coopérer


La Chine bloque l'accès depuis la Chine à de nombreux sites internet étrangers comme Google, Facebook, Twitter, YouTube, Instagram ou Dailymotion, grâce à un système perfectionné de blocage baptisé la "Grande muraille électronique". Articles, blogs, forums internet ou commentaires sur les réseaux sociaux peuvent également être effacés ou censurés.

La loi adoptée hier par le comité permanent de l'Assemblée nationale populaire et qui entrera en vigueur le 1er juin 2017, donne un cadre légal à cette surveillance. Elle cible la protection des réseaux nationaux et des données personnelles de 710 millions d'internautes chinois. De plus ce texte interdit aux utilisateurs d'internet la publication de contenus pouvant porter atteinte à "l'honneur national", "troublant l'ordre économique ou social" ou destinés à "renverser le système socialiste".

Cette nouvelle loi exige par ailleurs des entreprises de l'internet opérant en Chine, y compris les firmes étrangères, qu'elles vérifient l'identité de leurs utilisateurs qui ne pourront plus rester anonymes sur la toile. Ces entreprises devront fournir "un soutien technique et une aide" aux autorités lors d'enquêtes pour des crimes et délits.

Selon Patrick Poon, chercheur à Amnesty International, "cette loi dangereuse somme les entreprises de l'internet d'être de facto des agents de l’État, en leur demandant de censurer et de fournir des données personnelles aux autorités".

Il faut savoir que la Chine bloque depuis longtemps les contenus sur internet et es restrictions ont été renforcées depuis 2013 visant à museler les réseaux sociaux. Les internautes chinois risquent jusqu'à trois ans de prison pour des messages jugés diffamatoires publiés plus de 500 fois ou consultés plus de 5.000 fois.