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Chine - renforcement de la censure


Rédigé le Samedi 12 Janvier 2019 à 18:57
Andrée Navarro


Depuis le 9 janvier, les autorités chinoises imposent de nouvelles règles de censure aux 600 millions d’utilisateurs chinois d'Internet, censure concernant les contenus vidéos.


La censure chinoise n'est pas une nouveauté mais depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir en 2012, elle s'est développée et adaptée à la technologie des ordinateurs et des téléphones portables. Le cyberespace chinois compte plus de 800 millions d’utilisateurs. Les nouvelles mesures publiées par l'ASNC, l’Association des services du Net chinois, vont toucher près de 600 millions d’utilisateurs.

Une liste de 100 types de contenus vidéos a été rendue publique. Ils devront être bannis des sites Internet gérés par Tencent Holdings, Kuaishou et Pékin ByteDance Technology, les grands de l’Internet chinois. Cette censure fait suite à une campagne lancée il y a six mois par l’administration du cyberespace de Chine visant à nettoyer les contenus diffusés sur le Net.

Concrètement les plates-formes doivent respecter certaines règles : les titres, sous-titres et commentaires devront par exemple être vérifiés avant diffusion. De plus, toutes les sociétés de vidéo devront engager une équipe spéciale de contrôle dotée d’une haute conscience politique en harmonie avec la ligne du Parti communiste chinois. Les sujets visés par cette censure concernent la politique. Aucun de ces opérateurs ne peut mettre en ligne des vidéos dans lesquelles l’hymne chinois est parodié, les chefs du parti unique critiqués, l’indépendance de l’île de Taïwan encouragée.

Des images faisant le culte de l’argent-roi, des vidéos « non vérifiées » (sic) de manifestations ou de rassemblements, ou véhiculant une vision « malsaine » du mariage et de l’amour sont également proscrites. Cette partie développe toutes les règles concernant les films de type pornographique ou à contenu sexuel.

Les opérateurs ont également interdiction de diffuser des images qui « ridiculisent, moquent, s’opposent, diffament la théorie, système, pensée et culture socialiste aux caractéristiques chinoises, les politiques et principes majeurs du pays ». Il est également interdit de créer des dessins animés et clips des discours des leaders nationaux.

Il faut savoir que la Chine bloque déjà depuis des années les sites étrangers comme Facebook, Google ou Twitter ). En 2018, les autorités ont fermé 26 000 sites Internet «illégaux », effacé six millions de commentaires, 9 000 comptes de réseaux sociaux chinois comme WeChat et Weibo, les accusant de propager des informations «politiquement nuisibles ».

Enfin, l’ASNC demande aux fournisseurs d’accès de promouvoir certaines vidéos et comptes Internet comme ceux du gouvernement chinois et de l’armée chinoise « afin d’améliorer l’offre de vidéos positives et de grande qualité ».