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Affaire Snowden - les agences européennes auraient-elles fourni des informations à la NSA ?


Rédigé le Jeudi 31 Octobre 2013 à 10:42
Andrée Navarro


Le général Keith Alexander, chef de la NSA, l’agence de sécurité nationale mise en cause par Edward Snowden, vient d'affirmer que les données récoltées en Europe lui étaient transmises par les services des pays concernés. Interrogé sur le fait de savoir si la NSA partageait ses informations avec les «alliés européens» et si ces derniers partageaient les leurs avec l’agence américaine, le général Alexander a répondu par l’affirmative.


Le général Keith Alexander, chef de la NSA
Le général Keith Alexander, chef de la NSA
Le journal français Le Monde  et le quotidien espagnol El Mundo  ont rapporté, sur la base de documents fournis par Edward Snowden, que l’agence américaine chargée des interceptions des communications avait espionné plus de 70 millions de communications téléphoniques en France et 60 millions en Espagne en l’espace d’un mois. Selon le chef de la NSA  «Ils n’ont, comme la personne qui a volé les données classifiées, pas compris ce qu’ils avaient devant les yeux», confirmant par ailleurs des révélations du Wall Street Journal selon lesquelles les interceptions téléphoniques pratiquées dans ces pays et attribuées à la NSA l’avaient été par les services secrets européens et ensuite «fournies» à l’agence américaine.

Hier mercredi, Najat Vallaud-Belkacem , a rejeté les déclarations du général Keith Alexander. «Les dénégations du directeur de la NSA ne me semblent pas vraisemblables». La porte-parole du gouvernement français a parlé de la «gravité des faits qui semblent plus qu’établis». «Le président de la République l’a rappelé ce matin, il y a une nécessité de faire davantage la clarté sur les pratiques des services secrets américains et c’est pour cela qu’au Conseil européen des 24 et 25 octobre il a insisté pour prendre cette initiative avec l’Allemagne en particulier», a-t-elle ajouté.

Toujours selon la porte-parole du gouvernement français «Ce qui a été décidé est que les services responsables puissent travailler avec les services américains pour déterminer un code de bonne conduite». «Il faut faire la lumière sur les pratiques du passé et veiller à l’avenir à ce que les choses se déroulent pour le mieux (...) nous ne pouvons pas laisser le doute s’installer entre partenaires», a-t-elle expliqué. «Cela ne concerne pas simplement les instances politique mais aussi le monde économique, industriel et un enjeu de protection des données personnelles des citoyens». A ce titre, «la France a insisté pour qu’une réglementation européenne sur cette question puisse voir le jour début 2015, ce qui devrait être le cas».