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Le radiotélescope SKA bientôt implanté en Afrique


Rédigé le Vendredi 27 Juillet 2012 à 00:41
Andrée Navarro


Le plus grand radiotélescope du monde sera très bientôt implanté en Afrique du Sud. Il devrait permettre des observations exceptionnelles pour comprendre la formation de l'univers.


Le radiotélescope SKA
Le radiotélescope SKA
Le plus grand radiotélescope s’appelle Square Kilometre Array (SKA), qu’on peut traduire par "un kilomètre carré de superficie". C'est la surface impressionnante que couvriraient les 3.000 antennes paraboliques du télescope si elles étaient mises côte à côte. La puissance de cet instrument devrait également être inédite, de 50 à 100 fois supérieure à celles des radiotélescopes existants. Cet appareil devrait permettre la compréhension de la formation de l'univers après le big-bang.


L’installation de ce radiotélescope SKA va donner un coup d’accélérateur à la recherche en Afrique. Les 3.000 antennes paraboliques vont être installées en Namibie, au Botswana, au Ghana, au Kenya, au Mozambique, en Zambie, ainsi qu'à l'île Maurice et à Madagascar de 2016 jusqu'en 2024. L'Australie devrait abriter la partie basse fréquence de l'instrument sur son territoire. Les deux continents vont donc partager le financement du projet, à hauteur de 2 milliards d'euros.


Pour Rupert Spann, l'un des superviseurs du radiotélescope, il s'agit "d'un instrument de pointe qui fera la lumière sur beaucoup de théories sur le cosmos. Il permettra de voir le fonctionnement de galaxies que nous n'avons jamais pu voir. Nous ne savons pas ce que nous allons trouver, mais nous sommes sûrs de trouver quelque chose".


La "fuite des cerveaux" pourrait-elle être enrayée sur le continent africain ? Selon Sahba Yahya, un doctorant soudanais recruté au SKA, les scientifiques quittent "l'Afrique pour étudier en Europe, mais dans dix ans les gens viendront en Afrique pour étudier l'astronomie". Il souligne également que le SKA "sera l'une des expériences les plus excitantes du siècle. En faire partie, voir comment ça marche et évolue est un immense honneur". D’après lui, "les scientifiques du plus haut niveau dans le monde veulent venir en Afrique du Sud pour travailler sur le projet".


Le SKA devrait permettre le recrutement d'ingénieurs et scientifiques africains. 400 boursiers sont déjà sur le projet. Daphné Lekwathi, chargée du développement local au SKA, explique que le travail de formation des jeunes est déjà en cours : "On essaye de les intéresser, de leur montrer que les maths, la science, c'est facile pour qu'ils puissent un jour décrocher une bourse chez nous et devenir ingénieur ou astronome".