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Cyberdéfense : la France à la traîne


Rédigé le Vendredi 20 Juillet 2012 à 00:05
Andrée Navarro


Le sénateur du Haut-Rhin, Jean-Marie Bockel, a présenté un rapport sénatorial sur la cyberdéfense, rapport selon lequel les capacités de défense de la France sont jugées insuffisantes.


Cyberdéfense
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L’auteur de ce rapport, Jean-Marie Bockel, estime à plus d'un million le nombre d'attaques journalières. Pourtant "La France n'est pas plus touchée que les autres pays" relativise le sénateur du Haut-Rhin. Des attaques contre Bercy en 2010, contre l’Elysée entre les deux tours de l’élection présidentielle il y a quelques semaines, pointent les dangers de l’espionnage étatique.


Le sénateur préconise entre autres l'interdiction sur le territoire national des routeurs chinois. Cette mesure est déjà adoptée en Australie et aux Etats-Unis. "Il y a de fortes présomptions sur le potentiel intrusif des routeurs chinois. Je ne déclare bien sûr pas la guerre à la Chine qui est un précieux partenaire".


Jean-Marie Bockel évoque le colossal enjeu économique de ces attaques. "Ces attaques s'en prennent au fleuron de l'économie mondiale jusqu'à la plus petite PME. Personne n'est à l'abri".


Selon le rapport, aucun pays au monde n’est immunisé, cependant la France l'est encore moins. En France, les moyens dédiés à la cyberdéfense ne sont pas comparables à ceux accordés par les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. L'Anssi, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, un organisme créé en 2009, dispose de 230 agents. Ce n’est même pas la moitié des effectifs déployés en Allemagne ou au Royaume-Uni. "En quatre ans nous avons réalisé des avancées significatives. [...] Nous sommes à la moitié du chemin. Ce n'est pas hors de portée", encourage Jean-Marie Bockel, "Il faut recruter des gens compétents, ce qui n'est pas facile en la matière. Et il faut oser investir. Ce sera économiquement rentable par rapport aux pertes liées aux attaques. On ne peut pas tolérer de se faire piller pendant deux ans comme cela est arrivé à Areva" .

Vous pouvez consulter le Rapport Bockel en ligne